Cyber & protection des données

Cyber-assurance de l’étude : données et flux

Coordonnées, revenus, situations personnelles de milliers de débiteurs, échéanciers, comptes de fonds de tiers : votre étude est une cible désignée. Et c’est précisément le risque qu’aucune garantie de responsabilité professionnelle ne prend en charge.

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Cyber-assurance de l’étude
dès ~40 €/mois
Le trou de couverture
sensibles de débiteurs
Données
la cible du faux virement
Fonds de tiers
aucun de ces coûts n’y entre
Hors art. 21

Pourquoi une étude de commissaire de justice est une cible

Un attaquant choisit ses victimes sur trois critères : la valeur des données, la pression de l’urgence, et la présence de flux d’argent. Une étude coche les trois.

Des données très identifiantes
Nom, adresse, employeur, revenus, dettes, situation familiale : le dossier d’exécution est un profil complet, monétisable tel quel.
Une urgence permanente
Délais de signification, dates d’audience, échéances de prescription. Une étude bloquée trois jours perd des actes irrattrapables.
Des flux d’argent identifiés
Vous encaissez pour des créanciers et vous reversez. Un attaquant sait où se placer : sur l’ordre de virement.
Des tiers nombreux
Créanciers, avocats, greffes, débiteurs, banques : autant d’adresses à usurper pour rendre un message crédible.
Ce que la garantie collective ne fait pas

L’article 21 de l’ordonnance du 2 juin 2016 confie à la chambre nationale la garantie de votre responsabilité professionnelle. Une responsabilité indemnise un tiers lésé par votre faute. Elle ne paie ni la remise en état d’un système d’information, ni la reconstitution de données détruites, ni les jours d’activité perdus, ni les frais d’une notification aux personnes concernées.

Les trois scénarios qui touchent réellement les études

Le rançongiciel sur les dossiers d’exécution

Un poste est compromis, le chiffrement se propage au serveur. Dossiers, échéanciers, comptabilité des fonds de tiers et messagerie deviennent inaccessibles. L’étude tourne au papier pendant plusieurs jours, les significations prennent du retard, et il faut décider en urgence s’il existe une sauvegarde réellement restaurable. Le coût principal n’est pas la rançon : c’est l’expertise, la remise en route et l’activité perdue.

Le faux ordre de virement

Un échange est intercepté ou imité. Un « créancier » demande la modification de ses coordonnées bancaires avant un reversement important. Le virement part depuis le compte spécialement affecté. Le scénario ne relève ni de la responsabilité professionnelle, ni du contrôle comptable de la profession : il relève d’une garantie fraude, quand elle a été souscrite.

L’exfiltration de données de débiteurs

Un accès est revendu, une base part. Les personnes concernées sont des particuliers en difficulté financière, et les données sont hautement identifiantes. S’ouvre alors une séquence lourde : qualification de la violation, notification à la CNIL sous 72 heures quand les conditions sont réunies, information éventuelle des personnes concernées, et gestion des réclamations qui suivent.

Ce que couvre une cyber-assurance d’étude

Une bonne cyber-assurance se juge d’abord sur l’assistance livrée dans les six premières heures, avant de se juger sur les plafonds.

Habituellement couvert
  • Assistance et cellule de crise 24 h/24 dès la déclaration
  • Expertise informatique : investigation, confinement, éradication
  • Reconstitution des données et remise en état du système d’information
  • Perte d’exploitation consécutive à l’arrêt informatique
  • Frais de notification à la CNIL et aux personnes concernées
  • Frais de défense en cas de réclamation d’une personne concernée
  • Fraude au virement et détournement par ingénierie sociale, en garantie dédiée
Fréquemment exclu ou plafonné à part
  • Les défauts de sécurité connus et non corrigés avant le sinistre
  • Les sanctions administratives, selon les contrats et le cadre légal applicable
  • Le matériel physiquement détruit (→ multirisque de l’étude)
  • Les pertes sur un système hors périmètre déclaré (site distant, prestataire non listé)
  • La fraude au virement si la garantie dédiée n’a pas été souscrite
La garantie fraude ne va pas de soi

Beaucoup de contrats cyber d’entrée de gamme couvrent l’atteinte au système d’information mais pas le détournement de fonds. Pour une étude qui manie des fonds pour le compte de tiers, c’est l’inverse de ce qu’il faut. Vérifiez que la garantie « fraude » ou « ingénierie sociale » est présente, et regardez son plafond avant de regarder le prix.

Violation de données : vos obligations restent les vôtres

Une assurance finance et accompagne. Elle ne se substitue jamais au responsable de traitement, qui reste l’étude.

La séquence après une violation de données
  1. H+0 Détection et qualification

    Établir la nature de la violation, les catégories de données et de personnes touchées

  2. H+2 Confinement

    Isoler les systèmes, préserver les traces pour l’investigation

  3. H+72 Notification à l’autorité

    Dans les 72 heures quand la violation est susceptible d’engendrer un risque pour les personnes

  4. Selon le risque Information des personnes concernées

    Lorsque le risque pour leurs droits et libertés est élevé

  5. Après Registre et remédiation

    Documenter la violation, corriger la cause, ajuster les mesures de sécurité

Les délais et conditions exacts sont ceux du règlement général sur la protection des données ; la CNIL en publie le mode d’emploi. Le rôle de l’assurance est de vous donner immédiatement les bons interlocuteurs — juriste, expert technique, communication — pour tenir ces délais sans improviser.

Ce qu’un assureur cyber va vous demander

Le questionnaire cyber est le vrai audit. Le remplir sérieusement fait souvent baisser la prime autant qu’il améliore la couverture.

Point examinéCe qui est attenduEffet sur le contrat
SauvegardesSauvegarde déconnectée du réseau, et restauration réellement testéeSouvent une condition de garantie
AuthentificationDouble facteur sur la messagerie et les accès distantsCondition fréquente
Mises à jourSystèmes et logiciels métier maintenus, aucun poste en fin de supportExclusion possible sinon
Procédure de virementDouble validation et rappel téléphonique sur tout changement de RIBDétermine la garantie fraude
Hébergement du logiciel métierPérimètre déclaré : serveur interne, prestataire, mode hébergéDétermine l’étendue de la garantie
SensibilisationÉquipe formée à l’hameçonnage, procédure connue en cas de douteAméliore la tarification
Testez la restauration, pas la sauvegarde

Une sauvegarde qui tourne n’est pas une sauvegarde qui restaure. Le seul test qui compte est une restauration réelle, chronométrée, sur un poste vierge. C’est aussi le premier élément qu’un expert vous demandera à H+1 d’un chiffrement.

Combien coûte une cyber-assurance d’étude

Pour une étude de 1 à 3 personnes, la cyber démarre autour de 40 €/mois. Autour de 75 €/mois pour une étude de 4 à 10 collaborateurs. Au-delà, la tarification devient un travail sur mesure, assis sur le volume de dossiers actifs, le montant des fonds maniés et l’architecture informatique.

Ce qui fait monter
Volume de fonds maniés, nombre de postes, absence de double facteur, sauvegarde non testée.
Ce qui fait baisser
Sauvegarde déconnectée et testée, double validation des virements, franchise assumée plus haute.
Le poste à ne pas raboter
Le plafond de la garantie fraude, et la perte d’exploitation en jours.
Questions fréquentes

Questions fréquentes sur la cyber-assurance d’une étude

La garantie de la chambre nationale couvre-t-elle une cyberattaque ?
Non. L’article 21 de l’ordonnance du 2 juin 2016 confie à la chambre nationale la garantie de la responsabilité professionnelle des commissaires de justice. Une garantie de responsabilité indemnise un tiers lésé par une faute professionnelle : elle ne finance ni la remise en état d’un système d’information, ni la reconstitution de données, ni l’activité perdue.
Le faux ordre de virement est-il couvert par une cyber-assurance ?
Seulement si la garantie fraude ou ingénierie sociale a été souscrite. Beaucoup de contrats d’entrée de gamme couvrent l’atteinte au système d’information sans couvrir le détournement de fonds. Pour une étude qui manie des fonds pour le compte de tiers, c’est le point à vérifier en premier.
Faut-il notifier la CNIL après une attaque ?
Une violation de données personnelles doit être notifiée à l’autorité de contrôle dans les 72 heures lorsqu’elle est susceptible d’engendrer un risque pour les droits et libertés des personnes concernées, et ces personnes doivent être informées lorsque le risque est élevé. La qualification se fait au cas par cas ; c’est précisément là qu’une assistance juridique incluse au contrat est utile.
Mon logiciel métier est hébergé chez un prestataire : suis-je concerné ?
Oui. Vous restez responsable de traitement pour les données de vos dossiers, et l’indisponibilité du prestataire arrête votre étude tout autant. Le périmètre hébergé doit être explicitement déclaré au contrat, faute de quoi la garantie peut ne pas jouer.
Combien coûte une cyber-assurance pour une étude ?
À partir d’environ 40 €/mois pour une étude de 1 à 3 personnes, autour de 75 €/mois de 4 à 10 collaborateurs. Le tarif dépend surtout du volume de fonds maniés, du nombre de postes et du niveau de sécurité déclaré.
Une sauvegarde suffit-elle à se protéger ?
Une sauvegarde connectée au réseau est chiffrée en même temps que le reste. Ce qui protège, c’est une sauvegarde déconnectée dont la restauration a été testée réellement. C’est d’ailleurs devenu une condition de garantie chez la plupart des assureurs cyber.
Pour aller plus loin

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Protégez les données et les flux de votre étude

Une cyber calée sur vos fonds maniés, votre effectif et votre architecture informatique.